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26 mai, 2003
Le vieillissement de la main-d'oeuvre
De nouvelles perspectives pour les
jeunes, mais aussi des problèmes à
l'horizon pour la société. Les jeux
sont-ils faits ?
On apprenait lors du lancement de
Perspectives professionnelles 2001-2005, une étude
réalisée par Emploi-Québec(1),
que 592 000 emplois seront à pourvoir au
Québec d'ici à 2005. Emploi-Québec
, s'appuyant sur les prévisions du Conference
Board of Canada, prévoit que l'emploi augmentera
au rythme de 1,4 % par année et qu'il se
créera 250 000 emplois.
En outre, les départs à
la retraite devraient à eux seuls libérer
près de 340 000 postes supplémentaires.
Emploi-Québec constate donc que le vieillissement
de la population aura des répercussions
significatives sur le marché du travail
puisque les départs à la retraite
seront responsables de 57 % des emplois disponibles
d'ici à 2005.
Cette nouvelle en réjouit
plusieurs, car le taux de chômage au Québec
est encore relativement élevé. C'est
peut-être là l'occasion de diminuer
davantage le nombre de personnes au chômage.
Par ailleurs, les pratiques de mise à la
retraite à 55 ans, et même à
50 ans dans certains cas, ont propagé dans
la population québécoise l'idée
qu'il était possible de prendre sa retraite
à un âge de plus en plus jeune. Toutefois,
les feux rouges commencent à s'allumer,
car on parle déjà de pénurie
de main-d'oeuvre dans certains secteurs et dans
certaines régions du Québec.
Qu'arrivera-t-il si tous les baby-boomers
décident de prendre leur retraite avant
l'âge de 65 ans ? La croissance économique
sera-t-elle menacée ? Serons-nous en mesure
de financer les besoins grandissants en matière
de soins de santé et de sécurité
du revenu que créera le vieillissement
de la population ?
Dans ce numéro de La minute
de l'emploi, nous tentons de faire un tour d'horizon
de la question. D'abord avec André Grenier,
économiste à Emploi-Québec,qui
nous présente l'état de la situation
et nous met en garde.
Les prévisions relatives
à l'évolution de la population en
âge de travailler sont préoccupantes.
Les ignorer serait une erreur. Par contre, elles
ne doivent pas nous affoler, mais plutôt
nous amener à agir sur plusieurs fronts.
Quant à Michel Audet, professeur en relations
industrielles à l'Université Laval,
il est d'avis que le vieillissement de la population
lance d'énormes défis à la
société et aux entreprises québécoises.
Les entreprises auront le choix d'agir individuellement,
auquel cas la société pourrait s'en
trouver pénalisée, ou au contraire,
les défis à relever pourraient s'inscrire
dans une stratégie collective plus large.
Selon M. Audet, cette seconde option est exigeante,
mais pourrait, mieux que la première, solidifier
la solidarité intergénérationnelle.
Dans ce débat, on peut se
demander s'il sera toujours possible de prendre
sa retraite à 55 ans… Pour répondre
à cette question, nous présentons
quelques réformes entreprises dans les
pays membres de l'OCDE pour faire face au vieillissement.
1. On peut consulter cette étude dans le
site d'Emploi-Québec à l'adresse
suivante :
http://emploiquebec.net/francais/imt/anametier/perspective/htm